La parabole du semeur - Année scolaire 2011-2012

Le semeur est sorti pour semer…
Nous sommes allées rencontrer les enfants de nos écoles de France pour célébrer avec eux la Parole de Dieu qui est une petite semence,
mais qui peut grandir et produire beaucoup de fruits :
fruits de l’amour, de la solidarité, de la joie, de l’espérance, du partage…
Nous avons rencontré plus de 700 enfants à Tassin, Charly, Saint-Didier au Mont d’Or, Saint-Etienne, Ecole Charles Démia de la Rue Hénon.
Que la Parole de Dieu continue à produire beaucoup de fruits en notre vie.

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LYCEE SAINT-CHARLES - Mars 2012
Saint-Martin de Crau

Le 24 mars 2012 à Saint-Martin de Crau a été posée la première pierre pour la construction du Lycée Saint-Charles annexe de l’établissement privé catholique Saint-Charles d’Arles.
Pour nous, Sœurs de Saint-Charles c’est un moment de grande joie et d’espérance, parce que la mission que nous avons reçue de l’Eglise et de notre Fondateur continue avec ce Lycée pour la formation de jeunes.
Que la vie, l’amour, l’espérance et la solidarité se repandent sur toute la terre.

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Témoignage du Responsable pédagogique du Lycée l’Olivier
Février 2012

Chers parents,
Une fraude caractérisée et de grande ampleur a été découverte en TS1, votre enfant a dû vous en parler.
Des élèves de la classe ont vu sur le bureau de leur professeur, pendant un TD sur les calculatrices, la 1° page du DS de maths. Ils ont fait le mauvais choix et au lieu d’alerter le professeur ont transmis l’information à leurs collègues, ce qui fait que la totalité de la classe a eu la possibilité de connaître le sujet. Seuls trois élèves ont refusé de prendre connaissance des questions, ce qui les honore grandement : il fallait beaucoup de courage pour ne pas suivre le chemin général. Je n’ai été informé que trois semaines après, juste avant l’épreuve, par des élèves de l’autre classe de TS qui à juste titre trouvaient la situation injuste. Nous étions vendredi 17. Le devoir a bien eu lieu, c’était pour les non fraudeurs l’occasion d’un entraînement au bac. Pour les autres, à quoi cela a-t-il servi ?
Lundi, j’ai demandé aux professeurs de ne pas corriger le devoir (épargnons nous un travail inutile), et aux élèves de me signaler les copies »corrigeables », c’est-à-dire exemptes de fraude. Trois copies indemnes ont ainsi pu être identifiées unanimement sans que cela génère de troubles dans la classe, ce qui aurait pu arriver dans un groupe non solidaire.
J’ai également demandé à rencontrer les élèves responsables de la fuite, en précisant bien que je ne voulais pas de délation mais des démarches courageuses, et que ces élèves passeraient en conseil de discipline. La quasi-totalité de la classe est venue, demandant à être solidaire dans la sanction : tous se sentaient également coupables. J’ai néanmoins persisté à demander les responsables de la fuite. Six sont restés, et le Conseil de discipline a siégé vendredi 24 février. Il est inhabituel de ne pas inviter les parents, mais d’une part à quelques semaines de la fin de leurs études nos ados doivent apprendre à assumer leurs actes… et d’autre part il était nécessaire de faire vite pour solder l’affaire avant les vacances et passer à autre chose !
La fonction di conseil de discipline est triple :
- évaluer et comprendre
-répondre à une faute publique (tout se sait dans un lycée !) par une sanction qui manifeste publiquement que l’acte n’est pas acceptable.
- fonder la suite : l’homme est faillible, il peut lui arriver de tomber mais dans la foi chrétienne il reste aimé de Dieu et peut se relever plus digne et plus fort, pardonné. C’est ce qui guide notre projet éducatif (rattrapages par exemple), et c’est pour cette raison que chez nous, aucune mention n’est faite dans les dossiers scolaires.
1. Evaluation de la faute.
Elle est grave à double titre : elle fausse l’entraînement au bac (qui devint une parodie inutile), installe une suspicion entre adultes et ados (à l’opposé des relations de confiance que nous nous efforçons d’établir), génère des situations d’injustice très comparables à celles liées au dopage. D’autre part elle émane des aînés du lycée, qui contribuent à éduquer les plus jeunes et leur communiquent l’esprit du lieu. Oui, les aînés ont des devoirs envers leurs cadets et ici, quelle déception !
Ce qui se cache derrière toute fraude est la peur : nos Terminales se situent à quelques semaines d’une nouvelle vie qui comporte beaucoup d’inconnues, et les dossiers postbac symbolisent le bilan de leur scolarité… Une peur classique à cette période de l’année, et qu’il faut apprendre à gérer. Les élèves ont pourtant eu 3 semaines pour réagir mais n’ont pas su le faire pour plein de mauvaises raisons que vous pouvez imaginer et que j’espère ils vous expliqueront.
2. La sanction
Elle est nécessairement du côté de l’exclusion puisque la fraude est une rupture grave du contrat pédagogique (aux examens nationaux, cela peut aller jusqu’à une interdiction d’examens…) Après avoir considéré les faits et longuement dialogué avec ceux qui ont eu le courage de se dénoncer, le Conseil a unanimement décidé d’accéder à la demande de la classe, exprimée par les délégués, celle d’une sanction collective (exception faite des 3 élèves n’ayant pas fraudé bien sûr).
- Exclusion de cours d’une journée, par rotation (ainsi les cours auront lieu et devront être rattrapés). Durant cette journée les élèves seront dans l’établissement pour assurer des travaux d’intérêt général liés notamment à l’organisation des examens dans le lycée : classement et distribution des sujets, surveillance des épreuves de Seconde. Nous espérons les aider à comprendre combien l’organisation des examens est complexe et pourtant nécessaire à la formation des élèves, et combien d’énergie elle nécessite de la part des adultes : comme toujours, organiser demande plus d’énergie et d’inventivité que désorganiser. Les modalités concernant votre enfant seront précisées dans son carnet de correspondance.
- Production d’un document multimédia (vidéo ? PowerPoint ?) sur l’évènement et ses conséquences. Ce document sera projeté lors de la fête des Terminales (après avoir été visionné par les professeurs !) et devra pouvoir être utilisé pour l’éducation des plus jeunes.
Par ailleurs les délégués ont exprimé une volonté commune de rester en étude le soir. Face à la peur, réagir par un surcroît de travail est une bonne idée. Plutôt que de l’imposer aux élèves, nous préférons leur donner la possibilité d’en faire une décision personnelle qui contribuerait à restaurer la confiance des professeurs.
3. Fonder la suite
Comme souvent la faute peut être une belle occasion de grandir, et c’est bien ce qui s’est déroulé durant la dernière semaine de cours. Il était clair au cours de certains entretiens que beaucoup étaient finalement soulagés d’être découverts. Apprendre que certains choix en apparence salvateurs nous diminuent, n’est-ce pas important ? Une belle solidarité s’est faite jour (par exemple dans leur demande d’une sanction collective), et il fallait une certaine dose de courage pour se présenter spontanément devant les professeurs. De belles qualités humaines qui font que la confiance redevient possible même s’il va falloir continuer à rassurer les adultes de l’établissement.
J’ai aussi vu une fois de plus des professeurs attentifs à ne pas rester dans la colère et la déception, désireux de comprendre et de ne pas enfermer l’autre dans son erreur, désireux aussi de continuer à avancer, de dépasser la crise. Croyez bien que c’est dans cette attitude que nous demeurons.
Bien cordialement
Le Directeur pédagogique